La stratégie d’alphabétisation et d’éducation non formelle s’appuie sur
les fondements suivants :
3.1.1. Fondements nationaux
Conformément aux spécificités de la société marocaine, ces fondements
sont d’ordre religieux, juridiques, politiques et socio-économiques.
a- Aspect religieux
Les préceptes de l’Islam, contenus dans le Coran et la Tradition du
prophète (Sunna) incitent à l’apprentissage et à la connaissance tout au long
de la vie. Ils assimilent l’enseignement et l’apprentissage à une obligation
majeure (Faréda) pour chaque musulman et musulmane.
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b- Aspect politique
Les éléments de base de cet aspect sont :
• ( les messages royaux, adressés, lors de plusieurs occasions, par Sa
Majesté le Roi Mohammed VI au peuple marocain. Plus récemment, les
appels lancés à la veille du démarrage de la campagne nationale
d’alphabétisation (le 13 octobre 2003) et du Congrès national des droits
de l’enfant (24 mai 2004). Sa Majesté le Roi y a insisté sur l’ampleur de
l’analphabétisme et de la non scolarisation des enfants et des jeunes. Il
a exhorté toutes les institutions gouvernementales et non gouvernementales,
le secteur privé, les élus, la société civile et les médias à se mobiliser,
accroître la coordination et mobiliser les moyens nécessaires pour
améliorer la situation.
• (Les déclarations gouvernementales soulignent la gravité de
l’analphabétisme et de la non scolarisation des enfants autant que la
nécessité d’y faire face.
• (La Charte Nationale de l’Education et de la Formation réserve à
l’éducation non formelle et à l’alphabétisation le deuxième levier de
l’espace relatif à l’extension de l’enseignement à son environnement.
C’est aussi le cas des recommandations émanant des congrès des partis
politiques et des organisations syndicales.
c- Aspect constitutionnel et législatif
Considérée comme l’un des piliers fondamentaux contraignant les
appareils de l’Etat et les institutions sociales à endiguer l’analphabétisme et
l’éradiquer, cette dimension est exprimée dans:
• L’article 13 de la Constitution stipule que “Tous les citoyens ont
également droit à l’éducation et au travail”.
• la loi n° 04.00 relative à l’obligation scolaire adoptée en 2000 rend
l’enseignement obligatoire de 6 à 15 ans et responsabilise toutes les
personnes en charge d’un enfant.
• La loi n° 24.03 relative à la réglementation du travail des enfants protège
ces derniers des pires formes de travail.
3.1.2. Fondements internationaux
Cette stratégie puise sa dimension internationale dans les conventions
ratifiées par le Maroc et les recommandations des congrès et forums. En
particulier :
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•La convention internationale des droits de l’enfant (signée en 1990 et
ratifiée en 1993) qui fait de l’éducation un des droits fondamentaux de
l’enfant.
• Les conventions internationales 138 et 182 relatives à l’âge minimum
d’admission des enfants à l’emploi et aux pires formes de travail
(ratifiées en 2000 et 2001).
• la déclaration universelle des droits de l’Homme.
• les recommandations de la conférence de JOMTIEN (réunie en
Thaïlande en 1990) sur “ l’éducation pour tous “.
• Les recommandations du Forum international de DAKAR (2000) qui
ont fixé les objectifs suivants :
- Répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes en assurant un
accès équitable à des programmes adéquats ayant pour objet
l’acquisition des connaissances ainsi que des compétences liées à la
vie courante.
- Généraliser l’éducation des enfants d’ici 2015.
- Améliorer de 50% les niveaux d’alphabétisation des adultes,
notamment chez les femmes, d’ici 2015, et assurer à tous les adultes
un accès équitable aux programmes d’éducation de base et
d’éducation permanente.
• Eliminer les disparités entre les sexes dans l’enseignement primaire et
secondaire d’ici 2005 et instaurer l’égalité dans ce domaine d’ici 2015 en
veillant, notamment, à garantir aux filles l’accès équitable et sans
restriction à une éducation de base de qualité avec les mêmes chances
de réussite.
3.2. Principes de la stratégie
Fondée sur une approche globale et intégrée, la stratégie s’articule autour
des principes ci-après:
La complémentarité : la relation des programmes d’alphabétisation et
d’éducation non formelle avec le reste des programmes de
développement social, notamment la lutte contre la pauvreté.
La fonctionnalité : l’adéquation des programmes d’alphabétisation et
d’éducation non formelle autant que des méthodes pédagogiques et
supports didactiques aux besoins réels des bénéficiaires en prenant en
considération leurs aspirations et attentes, leur environnement, leur
genre et leurs activités professionnelles.
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L’efficacité et l’efficience : le recours aux méthodes appropriées en
matière de planification, de programmation, de gestion, de mise en
oeuvre et d’évaluation ainsi que l’introduction d’une culture d’objectifs
et de résultats chez tous les opérateurs.
L’égalité des chances : la réduction des disparités en matière
d’éducation et de formation, dues au genre (homme / femme ; garçon
/ fille), lieu de résidence (urbain / rural), entre les différentes couches
sociales.
La participation : la mobilisation et l’implication de toutes les forces
vives de la nation autour de cette cause nationale.
La capitalisation : en plus de la rationalisation des moyens disponibles,
il convient d’adopter une démarche qui consiste à capitaliser les efforts
déployés et les expériences menées jusqu’à lors.
l’approche de proximité : elle s’inscrit dans le cadre de la stratégie de
développement social intégré centré sur l’amélioration de l’accès des
populations défavorisées aux services sociaux de base ( l’éducation et
l’alphabétisation) la création d’activités génératrices de revenus et la
promotion de l’emploi des jeunes. Ce principe exige d’être
constamment à l’écoute des besoins réels des populations concernées
aux niveaux régional et local pour mettre en place des programmes
d’alphabétisation et d’éducation non formelle répondant à leurs
besoins spécifiques et à leurs attentes.
3.3. Objectifs
Dans le cadre de programmes intégrés et complémentaires aptes à
atteindre un niveau de rendement élevé, cette stratégie compte endiguer, de
manière progressive, l’analphabétisme et garantir le droit à l’éducation à
tous ceux qui en sont privés. Ses objectifs sont d’ordre quantitatif et
qualitatif.
3.3.1. Objectifs quantitatifs :
Objectifs à moyen et à long terme
Conformément aux dispositions de la Charte Nationale d’Education et
de Formation, la stratégie vise :
• La réduction du taux d’analphabétisme à moins de 20% à l’horizon
2010.
• L’éradication quasi-totale du phénomène en 2015.
• La résorption du taux d’analphabétisme à moins de 10% à l’horizon
2010 chez la population active.
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• La garantie de l’éducation pour tous les enfants non scolarisés ou
déscolarisés à l’horizon 2010.
3.3.2. Objectifs qualitatifs :
a- Objectifs éducatifs :
• Acquérir les habiletés en communication (lecture, écriture et calcul).
• Acquérir les compétences de base prioritaires pour les enfants non
scolarisés et déscolarisés.
• Prendre conscience de l’importance de la connaissance et de
l’apprentissage dans l’environnement quotidien.
• Consolider la confiance en soi et le désir d’apprendre pour participer
activement à l’effort de développement.
b- Objectifs civiques :
• Prendre conscience de ses droits culturels, sociaux et économiques
autant que de ses obligations constitutionnelles.
• Acquérir la capacité de participer activement à la vie politique.
• Connaître les institutions constitutionnelles et les éléments de base de la
structure démocratique.
• Développer l’esprit de dévouement à la patrie.
c- Objectifs sociaux :
• Enrayer les déséquilibres entre les régions et le genre en accordant
davantage d’importance au monde rural et à la femme.
• Rendre les bénéficiaires conscients de leurs obligations vis à vis de la
famille et de la société ;
• Développer l’esprit de solidarité et du travail collectif.
• Consolider l’attachement aux valeurs spirituelles et sociales.
• Prendre conscience de la meilleure façon d’exploiter le temps libre,
notamment chez les jeunes.
d- Objectifs hygiéniques :
• Prendre conscience de l’importance de la santé individuelle, familiale
et de reproduction ainsi que des questions relatives à l’environnement.
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• Sensibiliser les populations aux règles de diététique équilibrée et à son
importance dans la vie de l’individu et de la société.
e - Objectifs économiques :
• Saisir l’importance de la planification sociale, économique et culturelle.
• Acquérir les compétences de base favorables à l’insertion dans la vie
économique et sociale.
• Développer le sentiment de responsabilité dans le travail et améliorer la
performance pour stimuler la productivité.
• Prendre conscience des risques professionnels et des règlements du
travail et de la couverture sociale.
• Favoriser la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
3.4. Champs d’intervention
Les champs d’intervention de la stratégie du Secrétariat d’Etat secomposent de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle

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